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Eau et assainissement : Mission d’immersion des agents de la police de l’eau dans la région des Hauts-Bassins

samedi 18 novembre 2017

La Direction Générale des Ressources en Eau en collaboration avec la Direction Régionale de l’Eau et de l’Assainissement (DREA) des Hauts-Bassins à travers son Service Police Eau a organisé, le mercredi 15 Novembre 2017, à Bobo, une mission d’immersion avec une cinquantaine d’agents de la police de l’eau issus des 13 régions du Burkina dans le cadre de la mise en œuvre des activités de la police de l’eau.

Eau et assainissement : Mission d’immersion  des agents de la police de l’eau dans la région des Hauts-Bassins

Le niveau des ressources d’eau diminue de façon inquiétante ces dernières années à cause de certaines activités de l’Homme. Pour préserver cette eau, il existe depuis 2014 des services police de l’eau.

En effet, la police de l’eau répond à un objectif de prévention et de répression aux atteintes à l’intégrité matérielle des ressources en eau. Elle constitue l’une des réformes de l’engagement du Burkina Faso pour une approche de gestion intégrée des ressources en eau à travers la mise en œuvre de plusieurs reformes au niveau institutionnel et juridique.

Ainsi, l’application du décret n° 2008-423/PM/MAHRH/MEF/MECV/SECU du 10 juillet 2008 portant définition, organisation, attribution et fonctionnement de la police de l’eau, a permis la mise en place des Services Police de l’Eau (SPE) dans les treize directions régionales en charge de la gestion de l’eau et l’assainissement. Cependant, à l’exception du SPE de la région des Hauts-Bassins qui a été mis en place en 2014, les autres qui ont été installés 2016 et 2017 ont peu d’expérience dans la mise en œuvre de leur mission.

C’est en vue de l’opérationnalisation effective des Services Police de l’Eau (SPE) de ces douze directions régionales, que la Direction de la Règlementation et du Suivi des Organismes de Bassins Transfrontaliers (DRSOBT) a réalisé cette mission d’immersion des agents des SPE dans la région des Hauts-Bassins pour un partage d’expériences.

Cette immersion de formation qui vient renforcer les capacités de ces agents de Services Police de l’Eau nouvellement installés comprenait des exposés théoriques de communication, des visites dans la zone industrielle et de quelques sites du sous-bassin versant du Kou.

Sur le terrain, les agents apprenants devaient s’inspirer du service pilote (celui des Hauts-Bassins) pour apprendre comment faire les visites industrielles en s’intéressant aux questions de pollution de ressource en eau, la gestion des eaux usées et déchets solides, et comment s’entretenir les occupants au niveau de la bande de servitude. La bande de servitude, c’est l’espace qu’il faut laisser entre le cours d’eau et le lieu de l’activité qui est de 100 m pour ne pas nuire à la ressource en eau.

La première visite s’est déroulée dans la zone industrielle à l’huilerie Nakam. Le chef de Service Police de l’Eau des Hauts-Bassins, Florentin Garba, s’est entretenu avec le promoteur de l’huilerie Kassari Konaté sur les mesures à adopter afin de ne pas polluer l’eau avec les eaux usées jetées dans la nature. Un délai de deux mois a été convenu pour l’analyse de ces eaux usées au Laboratoire National de Santé Publique ou à l’ONEA pour savoir s’ils sont dans les normes ou s’ils doivent traiter les eaux usées avant le jet. En cas de non-respect du délai, ils encourent des sanctions financières ; si elles ne sont pas exécutées, le dossier sera envoyé en justice.

Au niveau des zones maraichers du Kou, il a été principalement été reproché aux cultivateurs de pratiquer la culture dans une forêt classée domaine de l’Etat (ce qui est illégal). De surcroît, il y a le non-respect des 100 m entre le cours d’eau et le champ pour éviter l’envasement. Il leur a donc été demandé de libérer les lieux le plus tôt possible sous peine de répression. Cependant, même si les paysans libèrent les lieux, ils seront confrontés à d’autres problèmes. Selon Sounsoun Lambert Sanou, même s’ils partent de là où ils sont actuellement, ils seront obligés de s’installer sur une autre partie de la forêt classée parce qu’ils n’ont plus de surfaces cultivables, les autres terres étant exploitées par des institutions qui s’y sont installées … Mais ils sont disposés à ne plus commettre la même infraction si l’Etat les appuie pour avoir d’autres terrains d’exploitation agricole, la culture étant leur seule source de revenu.

Quant au dernier site visité, il s’agit d’un aménagement au bord de l’eau lors des sorties de détente. A ce niveau, l’on a remarqué que des tentes étaient plantées à proximité de l’eau, chose qui a fortement déplu aux agents de la police de l’eau qui ont ordonné leur enlèvement, ce qui a été fait séance tenante. Il a été recommandé au promoteur de planter des arbres et de délimiter la partie réservée aux clients pour éviter l’avancée de l’envasement. Un délai de deux mois a été convenu entre les deux parties.

Garba florentin a fait le point sur les activités précédentes. Selon ses propos, le cours d’eau du Kou alimente l’eau potable de Bobo, mais il est présentement envasé et inonde les villages et les installations de l’ONEA. Un atelier a été tenu l’année passée (2016) suivi de sorties de terrain, d’émissions radio pour sensibiliser sur la préservation des cours d’eaux. Plus de 60 industriels ont été visités dont huit ont été sanctionnés. L’année passée, deux villages ont été accompagnés avec 1 600 plantes. Ces arbres plantés permettent de réduire l’envasement et peuvent apporter aux paysans les mêmes revenus qu’ils gagnaient en exploitant cette bande de servitude. En termes de contraintes, il est difficile de détruire certaines bandes de servitude parce qu’elles sont exploitées par le village entier. Cela nécessite la prise en compte de beaucoup de paramètres, ce qui ralentit le processus de déguerpissement.

Quant à la Directrice de la Direction de la Règlementation et du Suivi des Organismes de Bassins Transfrontaliers (DRSOBT) Florence Kaboré/Yanogo, elle s’est dit envahie par un sentiment de découragement vu ces comportements nuisibles qui ont conduit à une baisse inquiétante de ce cours d’eau : « C’est incroyable que les gens s’installent presque dans le cours d’eau et je me demande souvent si ce n’est pas de la mauvaise foi. C’est parce qu’il y a de l’eau qu’ils s’y installent pour exercer leur activité. Donc c’est sûr que lorsqu’il n’y en aura plus, ils ne viendront pas. Cependant, nous ne nous laisserons pas abattre et nous n’allons pas nous limiter à la répression. Nous continuerons à enseigner les lois dans le domaine de préservation de l’eau et nous prendront des dispositions d’accompagnement. L’eau c’est la vie et il faut une synergie d’efforts pour la conserver pour la génération future ».

Cette mission a ainsi permis aux agents d’avoir une maitrise de l’approche méthodologique pour réaliser une mission terrain de la police de l’eau et de dresser un procès-verbal.

Haoua Touré
Lefaso.net

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