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Gestion des menstrues en milieu scolaire : Un besoin de plus de 300 milliards de FCFA

LEFASO.NET

samedi 12 juin 2021

Le Burkina Faso a commémoré en différé la journée mondiale de l’hygiène menstruelle, célébrée le 28 mai de chaque année. La cérémonie commémorative de cette édition 2021 a été organisée ce jeudi 10 juin 2021 à Bobo-Dioulasso, par le ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, en collaboration avec l’UNICEF. Elle a été une occasion pour le ministre Stanislas Ouaro, de lancer un appel à la mobilisation de ressources financières, afin de promouvoir la gestion hygiénique des menstrues en milieu scolaire.

Gestion des menstrues en milieu scolaire : Un besoin de plus de 300 milliards de FCFA

Plus de 300 milliards de francs CFA, c’est le budget nécessaire pour promouvoir une gestion hygiénique des menstrues en milieu scolaire au Burkina Faso. L’annonce est faite par Stanislas Ouaro, ministre de l’Education nationale, au cours de la célébration de la journée mondiale de l’hygiène des menstrues. Selon lui, c’est le manque de ressources financières qui handicape les actions de promotion de l’hygiène menstruelle en milieu scolaire.

« Aujourd’hui, notre pays fait face à un certain nombre de défis, dont celui sécuritaire, qui réduit nos marges de manœuvre sur le plan budgétaire. Nous faisons face à des réductions budgétaires pour pouvoir accompagner la lutter contre le terrorisme parce que la paix est indispensable dans tout ce que nous faisons », a lancé le ministre Ouaro.

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Le ministre en charge de l’Education nationale, Stanislas Ouaro

C’est pourquoi, au cours de cette cérémonie et au nom du gouvernement, il a lancé un « message fort et clair » à l’endroit des partenaires techniques et financiers pour qu’ensemble, ils puissent adresser un appel à la solidarité internationale. « Nous avons les stratégies, les compétences et toute la vision pour promouvoir la gestion hygiénique des menstrues en milieu scolaire, mais nous n’avons pas les ressources nécessaires. Il nous faut mobiliser plus de 300 milliards de FCFA pour que nos élèves, précisément les filles puissent étudier dans la dignité, dans des conditions acceptables. Ces filles ont besoin de latrines propres et fréquentables, des points d’eau pour résoudre leurs problèmes de menstrue à l’école », a-t-il laissé entendre.

La précarité menstruelle, source d’absentéisme scolaire

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Les participants à la cérémonie commémorative de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle

Selon un rapport de l’Organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture, en Afrique subsaharienne, une fille sur dix ne va pas à l’école pendant son cycle menstruel. Ce qui correspond, d’après certaines estimations, à 20% du temps scolaire perdu sur une année. Nombre de filles abandonnent aussi complètement l’école lorsqu’elles ont leurs règles. Plusieurs facteurs expliqueraient cet abandon, notamment le manque d’installations, d’informations ou de produits d’hygiène dans les écoles.

« Dans nos établissements, nous avons des toilettes inappropriées, sales et qui n’offrent pas d’intimité à la jeune fille. Nous n’avons pas de points d’eau adéquats pour nous rendre propres sans avoir d’inquiétude. Il n’y a pas de dispositifs également pour nous permettre de nous changer et c’est ce qui fait que beaucoup de filles s’absentent très souvent. Toute chose qui pose un problème à l’éducation des filles », a déploré Fleur Millogo, représentante des jeunes filles.

Pour elle, les jeunes filles ne devraient plus ressentir de honte ou de stigmatisation lorsqu’elles ont leurs règles. C’est pourquoi, elle a lancé un cri de cœur à l’endroit des autorités du pays et de leurs partenaires, afin qu’ils trouvent des solutions pour éviter que les filles abandonnent l’école dès l’apparition des premières règles. « Nous souhaitons que notre appel soit entendu pour nous soulager, que les règles ne soient plus un frein à l’épanouissement de la jeune fille », a-t-elle souhaité.

Les menstrues bien gérées améliorent la fréquentation scolaire des filles

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Fleur Millogo, représentante des jeunes filles

La question des menstrues demeure encore un sujet tabou dans les pays moins développés dont le Burkina Faso. En effet, plus de la moitié des établissements scolaires dans ces pays n’ont pas de toilettes. Ce qui amène les filles à manquer l’école. Ainsi, pour faire bouger les choses, il faut que ce sujet soit considéré comme l’affaire de tous, pas seulement celle de femmes, et cela passe toujours et encore en priorité par la communication. Et cette journée sert à cela.

La journée mondiale de l’hygiène menstruelle est une journée internationale qui a lieu chaque année le 28 mai. Elle vise à briser les tabous et à sensibiliser à l’importance d’une bonne hygiène menstruelle chez les femmes et en particulier les adolescentes à travers le monde. À cette occasion, partout dans le monde, des événements sont organisés dans le but d’interpeller les décideurs afin d’améliorer les infrastructures sanitaires, notamment en milieu scolaire dans l’optique d’augmenter la fréquentation scolaire des filles, même pendant leurs règles.

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James Mugaju, représentant de l’UNICEF

C’est aussi une occasion de sensibilisation sur l’hygiène menstruelle pour amener les jeunes filles à être assidues au cours, à ne pas avoir peur ni honte lorsqu’elles auront leurs règles. Car, « vivre dans la dignité est un droit humain fondamental que nous devons préserver », a souligné le représentant de l’UNICEF, James Mugaju. Il a saisi cette journée commémorative pour réaffirmer l’engagement de l’UNICEF à accompagner le ministère de l’Education nationale dans la promotion de la gestion hygiénique des menstrues en milieu scolaire.

« Nous accompagnons le ministère à faire l’état des lieux de la gestion des menstrues dans toutes les écoles du pays. C’est un exercice qui est en cours et qui va aboutir à un plan d’investissement à court et à long terme. Dans un premier temps, nous faisons l’état des lieux pour voir quels sont les problèmes et ensuite, sur la base des informations que nous allons trouver, nous allons proposer, sous le leadership du ministre, un plan d’investissements dans toutes les écoles pour améliorer les infrastructures d’eau potable et d’hygiène des toilettes », a expliqué James Mugaju, représentant de l’UNICEF.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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