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Biotechnologies : Immersion des hommes de médias dans les installations du projet Target Malaria à Bobo-Dioulasso

LEFASO.NET

vendredi 16 juillet 2021

En vue de permettre une bonne compréhension des biotechnologies en général et les biotechnologies en application dans le domaine de la santé, les responsables du projet Target Malaria de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) du Centre national de recherche en sciences et technologies (CNRST) ont organisé une visite de leur activité au profit des journalistes et communicateurs des différents ministères et médias du 14 au 16 juillet 2021 à Bobo-Dioulasso.

Biotechnologies : Immersion des hommes de médias dans les installations du projet Target Malaria à Bobo-Dioulasso

Cette visite avait pour but de renforcer les connaissances de ces acteurs sur les biotechnologies en général et en particulier sur le projet Target Malaria et sa technologie de l’impulsion génétique associée aux moustiques génétiquement modifiés pour le contrôle du vecteur du paludisme. Les participants ont pu enrichir leur connaissance en matière de biotechnologie, de leur champ d’application au Burkina Faso, de la réglementation en vigueur pour leur utilisation, ainsi que les mesures prises pour assurer la sécurité aussi bien des populations que de la nature.
Ils ont aussi bénéficié d’une présentation du Projet Target Malaria et de sa technologie de l’impulsion génétique.

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L’investigateur principal du projet Target Malaria au Burkina Faso, Dr Abdoulaye Diabaté.

Selon Dr Abdoulaye Diabaté, investigateur principal de Target Malaria au Burkina Faso, Target Malaria rassemble des institutions d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Afrique et travaille actuellement dans quatre pays en Afrique à savoir le Mali, l’Ouganda, le Ghana et le Burkina Faso.
Avec pour vision d’un monde exempt du paludisme, l’approche du Projet est basée sur le contrôle du paludisme par le contrôle du moustique. L’objectif est de réduire la population de moustiques vecteurs du paludisme en réduisant la chaîne de transmission de la maladie.

« L’objectif essentiel est de développer un outil de lutte génétique basé sur les biotechnologies modernes et qui soit efficace à moindre coût et pouvoir le mettre à disposition des populations burkinabè et même au-delà pour toute l’Afrique », a laissé entendre Dr Abdoulaye Diabaté.

Développement du produit en trois phases

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Présentation du cycle complet de vie du moustique.

Pour s’assurer que le produit est utilisé avec toutes les garanties de sécurité nécessaires avant de le mettre au contact de la population, le projet a subdivisé le développement de son produit en trois grandes phases. D’abord la phase des mâles stériles auto limitatifs pour éviter que ces moustiques génétiquement modifiés, lorsqu’ils s’accouplent avec les femelles sauvages, ne donnent pas de progénitures. Cela permet de contenir la propagation du gène d’intérêt.

La deuxième étape consiste à l’utilisation des mâles génétiquement modifiés (mâles biaisés auto limitatifs, car l’accouplement des mâles stériles avec les femelles donne des progénitures exclusivement biaisées vers les mâles). Dans la mesure où les mâles ne piquent pas, cela va réduire la chaîne de transmission, mais au bout d’un certain temps la transmission du gène d’intérêt va disparaître de lui-même selon la loi Mendélienne (la loi de la génétique).

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Présentation du cycle de transmission du paludisme

La troisième étape qui conduit au produit final consiste à utiliser le système de "Gene-Drive". Il permet de prendre le gène d’intérêt et de le répandre dans la nature de la façon la plus exponentielle. Au bout de quelques générations avec les moustiques lâchés, le gène d’intérêt va prendre l’ensemble de la population des moustiques, pouvoir se répandre et avoir l’impact nécessaire souhaité.

À en croire Dr Abdoulaye Diabaté, aux dates de passage des journalistes et communicateurs, la première phase avec les mâles stériles auto limitatifs a été complètement bouclée. Les moustiques ont été lâchés en juillet 2019 et un dossier a été déposé au niveau de l’Agence nationale de biosécurité, l’organe national de régulation des biotechnologies, pour pouvoir passer à la deuxième étape.

Implication des parties prenantes

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La chargée des engagements des parties, Dr Léa Paré.

L’autre aspect du développement de cette technologie est l’engagement des parties prenantes. À ce niveau, Dr Léa Paré, chargée de l’engagement des parties prenantes à Target Malaria a indiqué que des actions ont été entreprises à l’endroit des communautés, des responsables politiques, coutumiers, religieux, pour les informer sur l’objectif et les activités du projet. Il a aussi été question de la prise en compte de leur point de vue, répondre à leurs préoccupations et s’assurer qu’aucune activité du projet dans leur village ne soit engagée sans leur accord.

À cela s’ajoute la traduction des différents messages et concepts dans la langue locale (dioula) pour permettre aux communautés de mieux comprendre et les rassurer. Elle a rassuré la population que les dispositions sont prises pour assurer leur sécurité. Pour l’occasion les participants ont visité le laboratoire du projet, notamment l’insectarium qui a été rénové et élevé aux normes ACL-2 des normes de biosécurité appelées " confinement des arthropodes" pour créer un environnement adapté à la recherche.

Judith SANOU
Lefaso.net

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