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An 4 de l’insurrection : La ligue des jeunes du Burkina appelle à plus de civisme

LEFASO.NET | Romuald Dofini

vendredi 2 novembre 2018

La Ligue des jeunes du Burkina a organisé, dans l’après-midi du mercredi 31 octobre 2018 à Bobo-Dioulasso, une conférence publique pour célébrer l’an 4 de l’insurrection populaire. Cette conférence a été animée respectivement par Bema Ouattara, l’un des pères fondateurs de la Jeune chambre internationale ; et Ousséni Bancé, journaliste à la « Radio Liberté de parler et de communiquer » (Radio LPC).

An 4 de l’insurrection : La ligue des jeunes du Burkina appelle à plus de civisme

A l’instar des autres organisations de la société civile du Burkina Faso, la Ligue des jeunes du Burkina a rendu hommage aux martyrs de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, à travers une conférence publique dans la ville de Sya. A l’entame de cette rencontre, une minute de silence a été observée en la mémoire de ceux qui sont morts au cours de cette insurrection populaire, mais aussi dans la résistance au coup d’Etat manqué de septembre 2015, et des actes terroristes que le pays connaît actuellement.

Le premier conférencier, Bema Ouattara, au début de sa communication, a d’abord rendu hommage à tous ces hommes et femmes qui ont participé à ce soulèvement populaire qui a permis au peuple burkinabè de se libérer du régime « dictatorial » de Blaise Compaoré. Et de rappeler que l’insurrection est un soulèvement populaire pour contester un ordre établi.

Selon lui, le peuple burkinabè n’a pas eu tort de défendre « son droit » par tous les moyens à travers cette insurrection populaire. Un soulèvement qui, selon lui, a été salué et apprécié à travers le monde. Cependant, il a tenu à faire remarquer que l’insurrection connaît aujourd’hui des « déchets », notamment l’incivisme, le libertinage, et cela à tous les niveaux de la sphère de la société burkinabè.

A l’en croire, le combat contre l’incivisme ne devrait pas commencer par « les petits brûleurs de feux tricolores ». Mais plutôt par les dirigeants qui enregistrent, dans leur cercle, un plus grand nombre de citoyens peu exemplaires. C’est pourquoi il a invité les jeunes à prendre leurs responsabilités pour ne pas tomber dans les manœuvres politiques.

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Bema Ouattara

Le co-conférencier, Ousséni Bancé, pour sa part, a d’abord fait une rétrospective de l’histoire politique du Burkina. Sa communication a porté essentiellement sur les acquis et les insuffisances de l’insurrection populaire et les attentes du peuple burkinabè.
Pour lui, toute insurrection est une rupture face à une autorité qui n’arrive pas à satisfaire les besoins d’un peuple soumis à un pouvoir absolu. Une occasion pour lui de rappeler les révolutions américaines et françaises, qui ont inspiré d’autres peuples à se soulever contre les « dictateurs » qui tyrannisaient leurs peuples en les privant de leurs droits fondamentaux.

Ainsi, parlant des acquis de cette insurrection, il a tenu à souligner que le Burkinabè peut se réjouir aujourd’hui de voir sa Constitution verrouillée. « Comme acquis, nous avons l’historicité de l’évènement à l’échelle mondiale qui a permis au peuple de savoir que le pouvoir lui appartient et que c’est à lui de décider de sa Constitution. Nous avons aussi la prise en compte des aspirations de la population dans la gouvernance actuelle et surtout la rupture avec le passé. Parce que le pouvoir de Blaise [Compaoré] a été emmaillé par beaucoup de crimes, beaucoup de sang versé, juste pour garder le pouvoir. Cela n’est plus possible au Burkina et ce, grâce à l’insurrection », a dit Ousséni Bancé.

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Ousséni Bancé, Journaliste de la radio LPC

Cependant, il a indiqué qu’après l’insurrection, le peuple s’attendait à un changement qualitatif de sa condition de vie. « Le peuple s’attendait à une transformation au niveau du gouvernement. Le peuple s’attend à la construction d’hôpitaux, d’écoles ; il s’attend à être sécurisé à tous les niveaux. Et vous le savez, il y a eu insurrection mais il n’y a pas eu de transformation.
Parce que nous avons fait partir Blaise et quelques collaborateurs directs, mais vous constaterez qu’après Blaise Compaoré, ce sont les personnes qui ont travaillé avec lui, qui sont même les architectes de la présidence Compaoré, qui sont restées », a-t-il constaté.

Par ailleurs, il a affirmé que les choses qui se faisaient sous Blaise Compaoré continuent de se faire aujourd’hui, notamment les cas de fraude, de détournement et même des cas de répression. Car il estime que « on ne tue plus maintenant, mais on emprisonne des gens ».

C’est pourquoi il a ajouté qu’il faut une remise en cause des mentalités, et cela à tous les niveaux. Notamment dans l’administration publique, où les administrateurs sont toujours soumis aux interférences des hommes politiques. Il a ainsi invité « la jeunesse d’aujourd’hui » à ne pas reproduire les erreurs de « la jeunesse passée ». C’est-à-dire d’éviter l’engagement militant pour des personnes.

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Eloi Sawadogo, président de la ligue des jeunes

Pour le président de la Ligue des jeunes du Burkina, Eloi Sawadogo, cette rencontre a été un moment d’échanges et de partage d’expériences, afin de préserver les acquis de l’insurrection populaire. Pour le développement du Burkina Faso, Eloi Sawadogo souhaite que le président du Faso prenne ses responsabilités. « Il est temps que le président Roch Kaboré tape sur la table, afin de permettre aux Burkinabè de marcher sur les rails.

Car il y a trop de laisser-aller. On sent des détournements et le chef de l’Etat ne réagit pas. Nous n’avons pas chassé Blaise pour mettre le Burkina Faso dans un désordre total, mais pour enraciner une autre forme de démocratie », a clamé Eloi Sawadogo.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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